News du 8 octobre : Mon premier triathlon sprint, raconté par Cyrille ...


Ca y est, c’est pour moi le dernier triathlon de l’année !!!
 
Après mes débuts sur les découvertes, je me lance sur la distance sprint à Val de Reuil. Pour les habitués, la distance parait vraiment courte mais pour moi pauvre petit débutant, j’ai déjà l’impression de m’être lancé dans une galère sans nom...
La course a lieu l’après midi heureusement !!! Je vais pouvoir récupérer un peu d’une semaine de travail gigantesque. Malgré ça, je passe une mauvaise nuit. S’il y a bien un truc que je n’arrive pas à maîtriser c’est la relaxation la veille de la course. Et pourtant c’est ma quatrième course de la saison, mais il n’y a rien à faire je passe la nuit à penser au lendemain…
Je refais mon sac au moins 15 fois dans ma tête. J’ai crevé une semaine avant, je vérifie plusieurs fois le gonflage des pneus. Mon esprit commence à faire la course même si je ne connais rien au parcours…

Samedi matin…
L’attente est longue!!! C'est parti, je charge mon paquetage dans le coffre. Trajet routier avec la musique à fond l’histoire de me booster, ce qui détruit les oreilles de ma femme et ma fille qui m’accompagnent…
Je retire mon dossard vers 13h15 et le départ n’est qu’à 17h00. Que l'attente est longue. Je pose mes chaussures dans un parc et je vais au second parc (particularité de Val de Reuil). Après m'être posé j’attends.
Entre temps il y a le départ du découverte et j’essaie de deviner le parcours natation du sprint ....et là grosse angoisse !!!  En piscine il est toujours facile de faire 750m, mais en lac c’est une autre histoire. Je repense à cette première année de triathlon qui ne s’est pas fait sans problèmes… D’abord il m’a fallu réapprendre à nager. Il y a un an j’étais lessivé au bout de 50m. Merci Joël…
Avant le départ, je parle d'ailleurs avec Joël, il fait le sprint. On parle d’Ironman, moi qui termine un découverte sur les rotules !!! 750m c’est trop long pour moi…
J’ai le réconfort de Jean Michel qui me dit que le principal pour aujourd'hui c’est de finir. Il y a ma famille qui est venue me voir, je ne peux pas abandonner sans avoir commencé !!! 
Je mets ma combi et me dirige vers le départ pour m’échauffer. L'eau n’est pas super froide mais c’est toujours un peu dur d'y rentrer. Je fais quelques mouvements. Je me dirige sur la ligne et je sens la pression monter en moi au point d’en être ému. Je fais coucou à ma fille de 3 ans et je l’entends crier « vas y papa ». C’est pour elle que je vais le faire... echauffement

La corne sonne, c'est parti. Je pars toujours un peu en retrait pour ne pas me faire passer brutalement dessus. Le parcours natation est en forme de triangle. Je me dirige vers le premier virage matérialisé par une bouée jaune. Je me retrouve vite à l’arrière mais comme je ne veux pas finir dernier en natation, j’allonge un peu les bras (merci Joël pour cet exercice). Je trouve mon rythme de croisière… Première bouée, je suis déjà dans les dix derniers mais je ne lâcherai pas… Arrivé à mi distance, je fais quelques mouvements de brasse histoire de voir où j’en suis. Environ 10 derrières et le premier va sortir de l’eau !!! Un bon coup pour mon amour propre…

Deuxième bouée, dernière ligne droite... je file sur un bon rythme de croisière (pour moi!). Je sors de l’eau et il en reste bien 10 derrière moi !!!  Je ne peux pas m’empêcher de serrer le point et de crier un petit "ouais!" de satisfaction tout en regardant ma femme. C’est déjà une grande victoire pour moi.
Je retire ma combinaison. J’ai la tête qui tourne au point de tomber. Ca me fait tout le temps ça !!!
Je monte sur mon vélo, et hop c’est parti pour ma partie préférée. Le parcours vélo est plat ce qui me rassure. Mais il y a du vent aujourd’hui. Je force sur les pédales pour un 28 au compteur. Soit le vent est fort, soit je suis déjà rincé!!! J’y vais quand même jusqu’au demi tour à environ 7kms. Entre temps j’ai croisé Jean-Michel suivi de prêt par Joël tête rentrée, en recherche de la meilleure position aéro. Après le demi-tour, je me retrouve avec le vent de dos et un compteur qui affiche 40 voir 45 km/h ce qui me permet de me prendre pour Kieran Doe (les cheveux en moins !!!).
 Je me retrouve à nouveau avec le vent de face. C’est dur mais je cherche à ne pas me faire doubler avant la seconde transition.
Le parcours vélo est fini... J’ai mon fan club qui m’encourage. Je fais ma seconde transition tranquille. Je commence à courir.
 
Je paie dès le début mes efforts en vélo au point de me faire doubler par les deux personnes que je venais de passer. Cette partie course à pied n’est pour moi  qu’enchainement de marche, de course, de marche puis de course. J’ai soif... Il n’y a pas de ravitaillement... La course devient vraiment éprouvante. Au bout de 4 kilomètres je vois quelqu’un se rapprocher ce qui m’oblige à en remettre un coup dans la dernière petite montée. Je suis à l’agonie mais j’accélère légèrement pour ne pas me faire doubler.
Arrivé dans le stade, comme le premier est passé depuis longtemps, il n’y a plus grand monde. Mais au loin se trouve ma petite famille. Les derniers 200 m sont faits d’accélération progressive... Je me retourne tous les 20m pour voir si le concurrent que je précède ne me rattrape pas. Il accélère lui aussi. Je ne veux pas me faire doubler !!! Chacun sa course, la mienne sera de finir devant lui. Je passe la ligne d’arrivée avant lui et ne peux m’empêcher de lever les bras.

Je m’effondre... Heureusement que j’ai des lunettes foncées car je craque... J'ai les yeux vraiment bien humides. C’était vraiment très éprouvant, mais je suis le plus heureux du monde. Je vais mettre 3 jours à récupérer... Je tire déjà les conclusions de cette année : m’entrainer plus en natation pour gagner en vitesse et sortir plus frais, travailler ma course à pied après une séance de vélo pour ne pas revivre cette mésaventure.
Le prochain triathlon est loin, mais je suis déjà dans un état de manque. Le triathlon est vraiment l’un des sport les plus beaux au monde et je suis heureux à mon niveau de faire partie de cette grande famille… Je remercie à mon modeste niveau tous mes partenaires d’entrainement. C’était une année pour voir mais j’ai déjà le virus en moi...